Salvamer

Capitale : Salvar, la perle d’émeraude

Devise historique : «Sur et par les flots»

Inspirations : Raffinement, érudition, majesté


Nichée au-dessus des eaux turquoise de la lagune d’Émeraude, la cité de Salvar ne fait qu’une avec la Vaste-Mer. Supposément pris aux mains des légendaires Néréides, le havre de paix qu’est la lagune d’Émeraude permet depuis des siècles aux Salvarois de laisser libre cours à leur tempérament marin. Par des prouesses architecturales étonnantes, les fondateurs de Salvar sont parvenus à élever une ville de pierres sur les eaux de l’enclave marine. C’est à l’aide de ponts et de tunnels, respectivement façonnés au-dessus et au-dessous des canaux de la cité, que les différents bâtiments furent reliés entre eux, permettant l’émergence de la plus prestigieuse ville de tout le royaume. Malheureusement, les secrets de cet art de l’architecture lacustre furent perdus au cours des siècles et, de nos jours, nombre de passages sous-marins sont abandonnés et inondés. Afin de profiter de la vie citadine, les moins nantis -contrairement aux citoyens en moyens qui monopolisent et rénovent à grands frais la « vieille Salvar »- ont développé un réseau de pontons, de quais et de pilotis en bois destinés à accueillir leurs activités. À défaut de comprendre et de reproduire les techniques inégalées des anciens, les habitants de la région en imitent donc maladroitement les succès. Un véritable faubourg flottant entoure ainsi l’éternelle Salvar.

Historiquement, l’essentiel de l’activité économique et politique de Salvamer se tenait dans sa capitale et, surtout, dans ses ports donnant sur la mer orientale. Une forte tradition maritime guidait les décisions des dirigeants et il n’était pas rare que les terres à l’ouest et au sud de Salvar soient attribuées avec désinvolture aux premiers venus. Ajoutant à la mauvaise réputation des propriétaires terriens du palatinat, une large frange du territoire séparant Salvamer et Cassolmer est couverte de marécages inhospitaliers. Obtenir une terre dans les Saulnières -tel est le nom de cette zone- était donc rarement synonyme d’élévation sociale.

Cependant, au cours du quatrième siècle, avec l’affaiblissement de la traditionnelle famille régnante Acciaro de Salvar, l’influence des régions limitrophes à la capitale s’accrut. Grâce aux œuvres des familles Casielli, di Ontano et Visconti, ainsi que des corsaires de la Baie des Crânes, l’opulence propre à Salvar se répandit dans les campagnes de l’ouest et dans les ports du sud. Toutefois, cette meilleure répartition des pouvoirs et des richesses eut pour conséquence d’exacerber les tensions internes au palatinat. Au début de la Guerre de l’Avènement, le territoire se scinda donc en deux entités bien distinctes aux intérêts divergents : duché des Crânes au sud des Saulnières et Salvamer au nord. Désireuses d’affirmer leur hégémonie sur la Vaste-Mer, ces régions sont sujettes encore aujourd’hui à des rivalités palpables.

Le peuple de Salvamer, habitué au luxe des trésors architecturaux et marins, entretient une certaine condescendance envers le reste du royaume d’Ébène. La richesse et la liberté offertes par les étendues infinies de la Vaste-Mer ont effectivement insufflé aux Salvarois une soif démesurée du raffinement et des produits rares. Toutefois, malgré leur vanité indéniable, les sujets de Salvar savent reconnaître les mérites du travail dûment exécuté et, par le fait même, font preuve d’une discipline que jalousent leurs cousins d’Avhor.

La plupart des Salvamerois trouvent leur pitance dans des commerces peu lucratifs : extraction du sel dans les Saulnières, cultures maraîchères à l’ouest, réfection des vestiges de la vieille Salvar, etc. Cependant, chaque matin, les pêcheurs les plus prospères et ambitieux de la lagune et de la Baie des Crânes lèvent leurs voiles afin d’aller collecter au large des côtes les précieux trésors marins du pays. S’ils ne rechignent pas à la prise de quelques poissons ou crustacés, leur bonheur ultime réside dans la découverte de perles, blanches ou noires, et de coquillages colorés. La présence de ces produits luxueux près de Salvar explique en grande partie la prospérité du palatinat comparativement à d’autres régions au style de vie similaire. Autour de la culture des perles, des joailliers de talent ont fait leur apparition, permettant aux Salvamerois de s’affirmer comme chef de file en matière de production de bijoux et de carats dans le royaume.

Sur le plan vestimentaire, les chemises et chausses bouffantes aux couleurs marines, les pourpoints et les apparats de perles et de coquillages (pour les nobles et bourgeois) sont de mise. Navigateurs invétérés et amants de l’Histoire et du raffinement, les Salvamerois, sur mer comme sur terre, se plaisent à exhiber leurs richesses et leur opulence, que ce soit par des tissus fins ou des babioles disparates.