L’île de Corail

Grandeur Nature l'Enclave

Origines

Dès le début de l’ère royale, l’île de Corail n’était guère très connue aux yeux des Ébénois. Située à plusieurs jours de navigation à l’est sur la Vaste-Mer, plusieurs marchands du royaume faisaient un détour pour l’éviter lors des échanges avec Ardaros. On racontait que c’était un lieu de violence, dangereux. Un lieu de rencontre pour tous les pirates de la Vaste-Mer.  En fait, c’était le centre névralgique du chaos. Tous les marchands de la Vaste-Mer se réunissaient à Corail. On y construisait des ports indépendants, les maisons formaient de grands quartiers labyrinthiques et aucun intendant n’était réellement en charge de gérer le tout et encore moins de diriger. Aucun document officiel ne peut dater le début de cette colonisation métissée. Néanmoins, en analysant les différentes architectures, il était aisé de conclure que le tout datait de bien avant le Sang Noir.  Des influences mérillons, ardarosiennes et plusieurs autres pouvaient être notées dans les propriétés de l’île.  À l’ère du Sang’Noir, l’île interdit à tout Ébénois d’y mettre le pied. On coula des navires marchands pour préserver la santé des autres continents. C’est ainsi qu’elle se fit oublier de tous.

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Carte de l’île de Corail

Vers l’an 30, une organisation ébénoise, l’Assemblée des Mérillons, réinscrivit l’île de Corail sur les cartes en tant qu’escale parfaite pour se rendre à Ardaros. Les nobles s’intéressèrent à cette terre très rapidement. Ce point central de la Vaste-Mer leur donnait un avantage considérable sur le plan économique. C’est la famille Amezaï qui commença une première vague de colonisation pour Pyrae, suivit de près par les familles nobles de Salvamer. Le retour en force du culte du Céleste et l’arrivée d’une grande population ébénoise eut pour résultat la construction de nombreux temples sur l’île de Corail. En réponse à cette expansion célésienne, les autres nations présentes sur l’île bâtirent leurs lieux de culte respectifs. Ce processus dura plusieurs années jusqu’à ce que les tensions explosent à l’an 278. Les guerres de religion furent terribles.

En 291, l’Assemblée des Mérillons décida de mettre un terme à ces querelles sanglantes. Ces meurtres au nom de divinités avaient mis un terme aux échanges commerciaux. Les marchés imprégnés de sang étaient plus silencieux que les nouveaux cimetières. C’est le vice-amiral Ouranos qui était en charge de prendre le contrôle de cette île chaotique. C’est sur le Rubis, le navire le plus puissant de sa flotte qu’il y arriva en conquérant. Ayant grandi toute son enfance dans l’orphelinat de Corail, il prêtait une affection particulière à ce lieu. En faisant le tour de l’île avec son navire, il bombarda un à un tous les temples. Il ne fit aucune distinction entre les religions. Même s’il croyait au Céleste, il détruisit les églises célésiennes. Le capitaine Pontos sur l’Opalescent, le navire aux canons les plus précis de la flotte,  seconda l’attaque d’Ouranos. Ses tireurs visaient ce que le Rubis n’atteignait pas. La capitaine Maria sur le Saphir, le navire le plus rapide de la flotte, avait à son bord de nombreux médecins et de matériel pour guérir les blessés de cette opération surprise. La capitaine Rhéa sur l’Émeraude, le navire diplomatique de la flotte, la seconda dans son opération et accueillit les survivants qui fuyaient vers Ébène.

Après l’attaque, Ouranos se présenta aux survivants en tant que libérateur du peuple de Corail et premier gouverneur de l’île. Ceux qui résistèrent furent invités à prendre place sur l’Émeraude pour retourner dans leur royaume d’origine. Sur le coup, le trois quart de la population décidèrent de quitter. Ils furent rapidement remplacés par de nouveaux marchands, des architectes, des troupes de théâtres et divers nomades. On profita de la destruction des temples pour reconstruire la ville selon la vision du nouveau gouverneur. Une ville métissée et prospère. Pour fêter la construction du manoir du gouverneur, on organisa le mariage entre Ouranos et sa belle Rhéa. En ce jour, il donna à lui-même et les capitaines de sa flotte, le nom de famille De Corail. Ces 4 orphelins réunis par l’enfance et la conquête de l’île allaient créer une nouvelle famille synonyme de paix et de prospérité. Ainsi on chanta…

Sur la mer loin là-bas
Le chaos fait sa loi
Sur la mer loin là-bas
Le chaos fait sa loi
De néant et de gloire
L’île remplie d’espoir
Ils sont trois peuples en guerre
Désirant cette terre

Gouttes à gouttes le sang
S’écoulent des innocents
Gouttes à gouttes le sang
S’écoulent des innocents
Tempêtes et rages qui grondent
Sur la plage vermillon
Où les songes funèbres
Ont horreur des ténèbres

Mais un jour les nuages
Font place au bel astre
Mais un jour les nuages
Font place au bel astre
Des profondeurs du ciel
Et qu’on n’attendait pas
La paix revient enfin
Pour tous les riverains

C’est ce marchand de soie
Qui apaise les émois
C’est ce marchand de soie
Qui apaise les émois
Ensemble fêtons, buvons
Sans le son des canons
Nous sommes tous des frères
De joviaux insulaires

Toutes ces choses passent
Comme l’ombre et comme le vent
Toutes ces choses passent
Comme l’ombre et comme le vent
8 berceaux sur la mer
Pour cette famille prospère
Corail sera le nom
De cette génération

Grandeur Nature l'Enclave

Situation actuelle

Suite à la résolution de la crise entre la Ligue d’Ardaros et le royaume d’Ébène au sujet du commerce de fleur-de-jade en 315, l’île de Corail refit surface dans les discussions diplomatiques. Point de ravitaillement obligé sur la Vaste-Mer entre les deux nations, ce bout de terre devînt un enjeu géopolitique stratégique. À force de négociations avec les Ardarosiens, il fut décidé de fonder sur l’île des infrastructures douanières afin de prévenir toute importation illégale ou indésirable de part et d’autre. Un conseil douanier formé de dignitaires ébénois fut créé tandis que les puissants d’Ardaros commencèrent à envoyer des renforts et intendants pour gérer leur section de l’île. La guerre des deux Couronnes devait changer ces plans.

Effectivement, profitant de la guerre civile en cours, les Marchands libres des Écores affirmèrent leur intention d’acquérir leur indépendance auprès des autorités du royaume. S’en suivit de violents affrontements entre les représentants de l’ordre royal et les contrebandiers. Après l’assassinat du Paon, un haut capitaine des Écores, l’attention des criminels se tourna vers la douane orientale. Teoman’Ki, redoutable pirate d’origine ardarosienne, se donna pour objectif de capturer l’île et d’en faire un bastion d’affranchis. Cette initiative dégénéra en de violentes batailles navales au large des côtes ébénoises. Après des mois de contestation et la mort de Teoman’Ki lui-même, les autres capitaines des Écores réussirent enfin à prendre possession des installations de Corail et à s’y implanter fermement. Par la suite, avec le déclenchement officiel de la guerre des deux Couronnes, les armées ébénoises ne purent poursuivre le combat.

Aujourd’hui, l’île de Corail est entièrement sous le commandement des Marchands libres des Écores. Grâce à un partenariat avec la population locale, ceux-ci maintiennent leur influence sur place. Même s’ils n’imposent aucun contrôle réel (ni de taxes) sur les navires voyageant vers Ardaros, cette place-forte de la Vaste-Mer demeure une halte inévitable pour les marchands étrangers.