Les Véritas

[En résumé]

Une fable! Voilà ce qu’est votre Céleste! Une fable crasse inventée par un étranger aspirant à dominer notre peuple! Vous pouvez nier la vérité, vous pouvez la dédaigner, mais la vérité ne peut être altérée! Le jour viendra où tous accepteront que le Céleste n’est que fausseté et qu’aucun Dieu ne veille sur l’humanité ou n’exige sa soumission!
Dernières paroles de Harridar Werten, présumé membre des Véritas

Grandeur Nature l'Enclave

L’histoire

Le récit des Véritas débute en l’an 256 de notre ère. Au plus noir d’une nuit sans lune, un homme s’infiltre dans le célestaire de Haut-Dôme pour y proférer les pires crimes. Après avoir assassiné sans vergogne le gardien laissé en vigie, il embrase les innombrables parchemins des étages supérieurs du centre religieux. Ce n’est qu’en raison de la vivacité d’intervention des secouristes de la cité que les flammes sont confinées aux plus hauts paliers du célestaire. Dans les ruines calcinées du bâtiment, le corps inanimé de l’hérétique est retrouvé ; il est encore en vie.

Rapidement, l’incendiaire, du nom de Harridar Werten, est amené dans les geôles du seigneur-palatin valécien et est interrogé par les autorités religieuses et politiques. Il se présente alors comme un soldat des Véritas, une organisation secrète ayant pris demeure dans d’obscurs souterrains oubliés des monts Namori et ayant pour objectif ultime de saper les fondements de la foi célésienne. Sans se faire prier, il révéla quantité d’informations sur l’idéologie des hérétiques, leurs origines et leurs intentions. Cependant, et malgré la torture, il ne dévoila jamais la localisation des entrées des souterrains perdus ni la liste des membres officiellement affiliés à l’organisation. Lorsque l’on eut l’assurance que Werten avait livré l’ensemble des renseignements qu’il détenait, il fut mené sur la grande place de Haut-Dôme où, sous les yeux de centaines de citadins, il fut immolé sur un bûcher sacré.

Lors des années qui suivirent l’exécution de Werten, plusieurs attentats furent perpétrés à l’encontre de symboles religieux du Val-de-Ciel : des reliques furent saccagées, des chapelains furent brutalisés, des Recueils des Témoins furent immolés lors d’autodafés clandestins, etc. Toutefois, jamais les investigations des seigneurs-palatins et Célésiens de la région ne menèrent à la découverte de preuves tangibles de l’implication des Véritas, et encore moins à leurs quartiers généraux. Au fil des décennies, le reste du royaume d’Ébène vint à croire que la cabale blasphématrice n’était en fait que le résultat de la fabulation d’un criminel dérangé.

Toutefois, en 317, une vague de crimes visant spécifiquement les religieux valéciens fut notée dans les monts Namori. Celle-ci gagna en importance pendant  la Guerre des deux Couronnes, se nourrissant de l’absence d’autorités armées aptes à les contrer. En 321, la moitié des montagnes étaient en proie à l’anarchie. Ce n’est que grâce aux efforts acharnés du Gardien des Cols Rénald de Montboisé et de ses généraux qu’une enquête put être initiée. À son terme, on découvrit qu’un célèbre pillard sarren, Zygfry dit le Vautour, avait pris la tête des brigands valéciens et les avait endoctrinés dans la voie des Véritas. Il fallut une année et des centaines de morts pour que les pieuses armées du Val-de-Ciel réussissent à écraser ces dangereux hérétiques et à exécuter leur chef fou. À l’automne 322, les rumeurs racontent que les derniers résistants de cette organisation ayant réchappé au massacre se seraient réfugiés dans les Crocs, au nord de Fel.

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L’idéologie

Selon le témoignage de Werten et les preuves laissées derrière par les hérétiques de Zygfry, les Véritas n’auraient guère pour finalité l’accumulation de richesses ou l’appropriation de titres de pouvoir. Leur seul et unique objectif serait la démonstration de la fausseté des croyances célésiennes. Pour ceux-ci, le Roi-Prophète n’aurait été qu’un étranger charismatique, imaginatif et manipulateur ayant abusé des Ébénois désespérés lors du Sang’Noir. Ses miracles n’auraient été que de simples tours de prestidigitation et ses disciples que des collaborateurs soucieux de graver leur nom dans les mémoires. Depuis trois cents ans, les ecclésiastiques nourriraient la piété du peuple afin de préserver leur propre influence sur ce dernier. La foi au Céleste, ciment du royaume d’Ébène actuel, ne serait donc qu’une fable inouïe n’ayant absolument rien à voir avec la vérité métaphysique de notre monde.

Quelle serait la vérité à l’origine de Célès? Selon les Véritas, nul Céleste ne veillerait sur l’humanité. À notre arrivée sur les actuelles terres du royaume d’Ébène, nous serions entrés en guerre avec des races originelles plus anciennes et pacifiques que nous. Nous aurions craint leur magie et nous les aurions exterminées afin de nous emparer de leurs territoires au nom de dieux de la nature et d’entités féériques. Le Prophète n’aurait que réinterprété ces faits afin de diaboliser nos ancestraux ennemis et de nous pousser à croire que toujours le Céleste aurait été en nos coeurs. C’est un retour aux croyances « véritables » de l’Avant que les Véritas prônent, une redécouverte des vieilles traditions que le Prophète aurait corrompues avec son message illusoire.

L’hérétique quête des Véritas rend ces derniers extrêmement dangereux. Au nom du rétablissement des faits historiques, ils n’hésiteraient guère à sacrifier leur propre vie lors d’attentats meurtriers et destructeurs.