La magocratie du Silud

[En résumé]

Il y a un dieu pour chaque événement, pour chaque élément. Ser’Kel le chacal, Mak’Kel le bouc, Har’Kel le taureau…tant de divinités avides de recevoir nos offrandes et nos prières. Longtemps elles nous ont divisés et se sont nourries du sang de nos guerriers. Aujourd’hui, toutes sont soumises au Thaumaturge, dieu vivant, omniscient et détenteur de la flamme. Par Lui nous sommes unis. Pour Lui nous vaincrons. 
Jalaïr Sanniss, Griot du clan Djibheh

Grandeur Nature l'Enclave

Le peuple

De mémoire d’hommes, aucune nation étrangère n’a davantage changé que le Silud. D’une multitude de clans disparates, dispersés et en guerre perpétuelle, les Siludiens furent unifiés sous la gouverne d’un puissant mystique. Les nomades du désert vénérant les dieux animaux se firent ainsi serviteurs du Thaumaturge et de ses ambitions mégalomanes.

Guerrier du chacal

Les déserts du Silud s’étendent loin au-delà de la mer blanche à l’ouest. Selon d’éminents géographes ébénois, tout porterait à croire que cette contrée pourrait être atteinte par la traversée de la forêt d’Ébène. Cependant, personne depuis le Roi-Prophète n’ayant réussi l’exploit de franchir cette mer infinie d’arbres, cette théorie ne put jamais être confirmée. La voie maritime demeure donc la seule option viable pour voyager jusqu’au Silud. La traversée de la mer blanche est néanmoins extrêmement périlleuse et ne peut être envisagée que si une halte est effectuée sur l’île d’Ivoire, à mi-chemin entre nos deux nations. Jusqu’en 316, ce point de ravitaillement était sous le contrôle de la famille salvameroise Volpino, mais suite au départ de l’explorateur Marco Volpino au beau milieu de la guerre des deux Couronnes, le bout de terre regagna sa neutralité.

Les Siludiens vénèreraient, selon les rumeurs, une panoplie de dieux humanoïdes à têtes d’animaux. Parmi les plus célèbres, nous connaissons :

  • Ser’Kel le chacal, dieu de la guerre et des armées.
  • Mak’Kel le bouc, dieu de la nuit et des rêves.
  • Har’Kel le taureau, dieu du commerce et de l’enrichissement.
  • Jel’Kel la vipère, déesse de la ruse et du mensonge.

Bien sûr, diverses autres divinités mineures guident les vies des habitants du désert, mais c’est ce quatuor qui semble être l’objet de leurs principales prières. Chaque clan vouant sa spiritualité à l’une ou à plusieurs de ces entités, des guerres tribales incessantes ponctuèrent inévitablement l’histoire du Silud. Toutefois, en 317, la confirmation d’un changement drastique à ce panthéon parvînt en nos terres. Selon celle-ci, le clan du chacal, un rassemblement de mercenaires dévoués à Ser’Kel et hautement militarisé, occupait l’entièreté des agglomérations importantes des déserts. À leur tête, un supposé dieu-vivant du nom de Orh’Kel –l’aigle- les coordonnait inexorablement dans leurs conquêtes. Le Thaumaturge et ses armées avaient soumis le panthéon à leurs ambitions et unifié les clans du désert.

Grandeur Nature l'Enclave

Les relations

Les négociations entre les Ébénois et les Siludiens furent de tout temps ambivalentes. D’un côté, les déserts occidentaux regorgent de denrées rares –légales ou non- appréciées de notre peuple : soufre, épices, herbes et même poisons. Par contre, d’un autre côté, ces étrangers sont généralement reconnus comme des manipulateurs, des fraudeurs et des menteurs invétérés. À chaque occasion dont ils disposeront, ces fourbes tenteront de maximiser leurs profits aux dépends de toute morale, promesse ou amitié. Pour cette raison, rares sont les marchands ébénois qui oseront établir des partenariats avec les Siludiens.

Siludiens à la Bataille de l’Augivre, à Felbourg, en 315

Cela dit, depuis 316, nos négociants ne disposent plus de la liberté de choisir s’ils souhaitent ou non faire affaires avec le Silud. Unilatéralement, les guerriers du chacal décidèrent en cette année de fermer complètement leurs frontières aux Ébénois. Tout d’abord, ils se contentèrent de repousser les voyageurs demandant à débarquer dans leurs ports. Par la suite, ils pendirent massivement le long de leurs plages les ressortissants de l’Ébène ayant osé demeurer dans les déserts. Finalement, ils pourchassèrent et éliminèrent méthodiquement tous les collaborateurs siludiens entretenant des liens avec les nôtres. Nul ne pouvait plus douter de l’hostilité manifeste de ces adorateurs d’animaux à notre endroit. Les raisons de cette haine demeurent par contre confuses. D’aucuns affirmeront qu’elles tirent leurs racines dans le revers massif et violent que subirent les mercenaires du chacal sur nos côtes lors de la guerre civile felbourgeoise en 315. Toutefois, cette rixe semble bien insuffisante pour expliquer entièrement la fermeture totale de ce peuple pourtant avide de richesses.

En 321, on ignore tout des plans des Siludiens. La haine du Thaumaturge à l’endroit des Ébénois demeure vivace et l’ensemble des liens entre nos nations sont coupés. Tout sujet de la Couronne d’Yr qui osera s’approcher des déserts occidentaux risque une exécution sommaire et sans procès.