La Garde Céleste

[En résumé]

Le Céleste ne parle plus aux Ébénois car les Ébénois se sont détournés de lui. Certes, ils construisent des beffrois toujours plus élevés en son nom, émiettent leurs genoux à le prier et encensent son Prophète. Par contre, ils ont abandonné la seule lutte chère à ses yeux ; celle de la lumière contre l’ombre. À ceux qui se font zélotes de cette guerre antique, le Céleste confie ses mots. Je suis de ceux-là.

Le Vigilant Siegfried, Maître de l’Illumination du Lichthaus

 Grandeur Nature l'Enclave

Les origines

Dernière née parmi les congrégations célésiennes, la controversée Garde Céleste tire ses racines dans le mythique Lichthaus, ou château de lumière. En 315 de l’ère royale, un contingent de forestiers corrésiens fit la découverte de ruines abandonnées depuis des siècles, voire des millénaires, au cœur de la forêt d’Ébène. Dès que le bailli du camp de bûcherons d’Entre-Gage, Ludwig Schattenjäger, apprit la nouvelle, il décida de restaurer les lieux afin d’en percer les secrets et de les transformer en un bastion de la foi célésienne au cœur des ombres. Les pierres noires de la forteresse perdue furent péniblement redressées et, avec l’approbation de Carianna Paurroi, palatine de Porte-Chêne à l’époque, des constructeurs et des serviteurs commencèrent à affluer.

Lorsqu’éclata la Guerre des deux Couronnes en 316, l’est de Corrèse fut conquis et occupé par les chevaucheurs sarrens. Aux yeux de Schattenjäger, désormais marié à Cathara Paurroi, nommée seigneur-palatine à la mort de sa mère la même année, l’arrivée des sauvages et sanguinaires cavaliers des steppes était un signe du Céleste : la perte de l’est de la province devait rimer avec le développement des territoires occidentaux. Pendant près de trois ans, les autorités corrésiennes dépensèrent massivement afin de faire du Lichthaus une place-forte stratégique et de déblayer un axe -la Route de la Lumière- y menant. Malheureusement, Ludwig ne vit jamais les résultats de sa grande ambition, celui-ci perdant la vie lors de la reprise de Porte-Chêne aux mains des pillards des plaines.

Le Vigilant Siegfried et la princesse Théodoria

Jusqu’à la fin de la Guerre des deux Couronnes, Cathara Paurroi trouva refuge au Lichthaus avec son protecteur Conrad Mensner et les plus fervents vigilants de Corrèse. Depuis la restauration de l’endroit, des rumeurs toujours plus insistantes circulaient au sujet de la présence de forces ancestrales rôdant dans les bois. Des récits d’ombres menaçantes, de créatures légendaires et d’entités maléfiques cherchant la destruction du Dieu ne cessaient d’être rapportés du château de lumière et, au fil des années, ceux-ci attirèrent des zélotes célésiens de tout l’ouest du royaume. Au cœur de la forteresse, les théologiens guerriers élaborèrent une théorie de l’Illumination et débutèrent l’entraînement particulier des nouvelles recrues désirant fréquenter le Lichthaus. Ce fut un vigilant retraité de la Compagnie du Heaume, Siegfried, qui fut nommé par dame Paurroi comme Commandant du Lichthaus et responsable de l’Illumination.

Pendant quatre ans, les rangs des forces armées du château de lumière, aussi appelées « Garde Céleste », crurent rapidement. En plus des contes fabuleux provenant des tréfonds de la forêt d’Ébène, la capacité des inquisiteurs de cette armée à débusquer les hérétiques et criminels dans les comtés occidentaux de Corrèse suscita une attraction indéniable parmi les religieux célésiens. Au début du règne d’Élémas V, des Sarrens, Laurois, Felbourgeois et Valéciens avaient intégré cette armée inquisitoriale, lui offrant un rayonnement national.

En 322, Cathara Paurroi fut nommée dauphine du trône d’Yr et, à peine quelques mois plus tard, elle fut couronnée sous le nom de Théodoria première de son nom. Après avoir retiré au Bataillon sacré laurois son rôle de protecteur princier au profit de la Garde Céleste, la souveraine éleva la faction au statut de congrégation célésienne. Utilisant le précédent de la princesse Théonia dite la Colombe qui officialisa le rôle des Oblats hospitaliers en l’an 105, elle en fit la sixième congrégation célésienne.

 Grandeur Nature l'Enclave

Les préceptes

D’un point de vue extérieur, la vocation de la Garde Céleste est extrêmement ésotérique. Contrairement aux autres congrégations célésiennes partageant sensiblement les mêmes objectifs (mais divergeant sur le plan des méthodes), la Garde Céleste entretient une vision eschatologique de la foi. Ses adeptes, bien qu’ils honorent et respectent le Recueil des Témoins, les Témoins eux-mêmes et les réalisations du Roi-Prophète, estiment que les cultes au Céleste persistent depuis trop longtemps à adorer des reliquats du passé. Selon eux, le Prophète envoyé par le Très Haut n’était pas le Prophète, mais un Prophète. Apparu en temps de crise du Sang’Noir, celui-ci apporta la rédemption au peuple tourmenté des duchés divisés. Après avoir repoussé la malédiction, il rassembla les seigneurs et leur offrit un royaume unifié par la lumière du Céleste.

L’inquisition à l’oeuvre

Aujourd’hui, les signes de l’arrivée imminente d’un nouveau Prophète -et donc d’un nouveau Roi- seraient arrivés : les ombres s’éveilleraient dans la forêt d’Ébène, les nations étrangères lorgnent vers les territoires ébénois et d’innombrables hérésies naissent dans les neuf palatinats. La Garde Céleste s’est donnée pour mission de préparer la venue d’un élu du Dieu et de combattre partout où elle le peut ce qu’elle considère être comme les « monstruosités des ombres ». C’est pour ces raisons que les rangs de la congrégation comportent de nombreux inquisiteurs entièrement dédiés à la traque aux blasphémateurs et aux hérétiques.

Finalement, la tâche la plus ésotérique de la Garde Céleste est de poursuivre ce que ses membres surnomment « la guerre entre l’ombre et la lumière » dans les profondeurs de la forêt d’Ébène. Moult témoins affirment avoir été les cibles de créatures ténébreuses loin par-delà les frontières sylvestres de Corrèse. Féroces et malveillants, ces êtres chercheraient ardemment à anéantir l’humanité et son Dieu. C’est au Lichthaus que les soldats de la Garde Céleste se rassemblent afin de tenir tête à ces ennemis des temps anciens et de les empêcher de déferler dans les campagnes et cités ébénoises. Grandeur Nature l'Enclave

La structure

Ghazan Ivarsson

Malgré ses vocations inquisitoriales et militaires, la Garde Céleste dispose d’une hiérarchie étrangement décentralisée. Officialisée par la princesse Théodoria et veillant à la protection rapprochée de cette dernière, la congrégation tient en très haute estime la souveraine du royaume. Pour plusieurs, Théodoria serait la véritable dirigeante de l’organisation, mais ces allégations n’ont jamais été confirmées. Ce sont plutôt les deux Commandants célésiens proclamés jusqu’à présent qui, officiellement, coordonneraient les efforts des fidèles. Le premier Commandant céleste est le Vigilant Siegfried, protecteur du Lichthaus et responsable de l’entraînement de l’Illumination. Tenue dans le bastion de la Garde Céleste, l’Illumination est une période de transition pendant laquelle toute nouvelle recrue prouve sa dévotion au Dieu en s’élevant spirituellement et physiquement. Le second Commandant céleste, quant à lui, est l’inquisiteur Ghazan Ivarsson, ancien Sarren ayant abandonné ses terres et possessions afin de servir la divine cause.

À l’été 322, la Garde Céleste a commencé à établir des loges consacrées dans les neuf palatinats et dans la cité d’Yr. D’abord présente à Corrèse, elle s’étendit lentement vers l’est, allant même jusqu’à construire des casernes à Salvamer. Ainsi, malgré son apparition récente, la sixième congrégation recrute et mobilise des adeptes dans tout le royaume.